« Vous ne reconnaîtrez pas le Canada lorsque mon travail sera achevé », disait Stephen Harper en 2006. Comme on l’a constaté depuis, il voyait juste. Monsieur Harper et ses conservateurs ont implanté leur agenda de la droite, et maintenant, avec leur gouvernement majoritaire élu en 2011, rien ne les arrête d’aller encore plus loin.

 

Le phénomène de la division du vote entre les candidats néo-démocrates, libéraux et verts a permis à Stephen Harper de former deux gouvernements minoritaires, en 2006 et 2008. Mais c’est en 2011, avec l’arrivée d’un gouvernement majoritaire redevable à seulement 39,6% du vote populaire, que les protestations ont pris de l’ampleur face à une représentation injuste au Parlement.

 

Des groupes militant contre le régime de monsieur Harper ont émergé, réclamant une réforme du système électoral ou une coopération entre les partis. Nous sommes ravis par ces efforts visant à rapprocher les néo-démocrates, les libéraux et les verts, pour qu’ils collaborent de bonne foi dans le meilleur intérêt de la majorité des Canadiens. C’est prioritaire.

 

Le Mouvement Libdemo encourage l’unification de ces trois partis, comme aboutissement ultime de leur coopération. Nous croyons que le Canada a besoin d’une alternative progressiste, forte, unie et durable, pour mettre fin à l’agenda régressif de droite menée par les conservateurs.

 

Un parti uni serait en mesure de diriger le pays, durant le 21e siècle, en s’attaquant aux défis des changements climatiques, de l’amélioration de nos programmes sociaux et d’une économie compétitive. Les Canadiens méritent un gouvernement qui comprend les réalités actuelles et qui agit pour le futur, à la place d’un régime basé sur l’idéologie.

 

La génération du Millénaire, très progressiste, inclut présentement les jeunes de 18 à 34 ans. Cette génération grandit vite et prendra bientôt sa place dans les affaires publiques. Elle s’impliquerait davantage en politique si elle pouvait le faire à l’intérieur d’un grand parti progressif unifié.

 

Nous sommes probablement déjà en route pour l’unification des forces progressistes, alors les partis politiques devraient en parler le plus tôt possible.

LES CHIFFRES

 

Nous avons voulu constater si, lors de l’élection de 2011, un parti hypothétique combinant les votes libéraux, néo-démocrates et verts — une consolidation du vote non-conservateur — aurait pu faire une différence dans la composition de l’actuelle chambre des communes. Nous admettons qu’additionner les votes des trois partis ne peut pas prédire le soutien d’un parti unifié, car il y a plusieurs variables, tels que des partisans très militants qui pourraient ne pas appuyer le nouveau parti.

 

Cependant, nous avons choisi d’ignorer ces variables, difficilement évaluables, pour voir quel serait l’impact du vote non-conservateur sur la chambre des communes, tel le négatif d’une photo. Nous avons isolé les circonscriptions où le candidat conservateur (ou celui du Bloc québécois dans quatre cas) a terminé premier, sans une majorité des votes, et où un candidat libéral ou néo-démocrate a terminé deuxième à cause de la division du vote. Dans chacune de ces circonscriptions, nous avons additionné les votes libéraux, néo-démocrates et verts.

 

Les résultats de notre recherche sont étonnants. Dans 57 circonscriptions, les votes combinés Libéral-NPD-Vert auraient défait le gagnant conservateur (53 circonscriptions) ou le gagnant du Bloc québécois (4 circonscriptions). En conséquence, le vote consolidé des partis libéral, néo-démocrate et vert, réunis dans un seul parti unifié, aurait procuré 195 députés à ce parti, lui permettant de former un gouvernement très majoritaire (avec 29 députés de plus que l’équipe conservatrice élue en 2011 — de 166 députés).

 

En complément, nous avons illustré ces résultats par deux graphiques. Le premier est une carte du Canada montrant les 57 circonscriptions qui auraient été remportées par le parti unifié hypothétique (en plus des 138 réellement remportées par les trois partis). Le deuxième tableau expose une division typique du vote progressiste, dans la circonscription de Etobicoke-Lakeshore, de même que les résultats globaux qu’aurait pu obtenir un parti unifié.

 

Vous pouvez aussi télécharger le fichier Excel utilisé pour notre recherche. Auteur : Alexandre Duquette.

 

De plus, nous avons rédigé un document qui compare les politiques des trois partis dont nous prônons l’unification, avec celles du gouvernement Harper (en anglais seulement). Auteur : Peter Nicoll.