L’unification des partis libéral et néo-démocrate est un sujet discuté et débattu depuis très longtemps; le terme employé étant surtout « fusion » ou « merger » en anglais. Nous incluons aussi le Parti vert, bien entendu pour son objectif environnemental, mais aussi parce qu’il est devenu un joueur important de la politique canadienne.

 

Vous serez surpris en constatant les politiciens illustres et autres Canadiens de premier plan qui ont soutenu une coopération ou une unification entre les partis.

 

Cette liste rapporte des déclarations antérieures et n’implique pas nécessairement la position actuelle des individus.

JEAN CHRÉTIEN

 

L’ancien premier ministre (de 1993 à 2003) et chef libéral Jean Chrétien a longtemps ouvertement appuyé l’unification NPD-libérale. Dans une entrevue d’avril 2012, il a déclaré que cette union allait « procurer une grande stabilité au pays ». L’article continue ainsi : « M. Chrétien a dit que le nouveau parti unifié ne serait pas bâti selon le nombre de circonscriptions détenues par chaque parti, mais plutôt par la force de leurs idées. Il a expliqué: « Dans un nouveau parti, le nombre de députés ne compte pas, ce sont les capacités intellectuelles qui priment. »

 

Quelques mois plus t, en septembre 2011, M. Chrétien a prédit que l’unification NPD-libérale « allait se concrétiser un jour ». Dans une entrevue à Global News, il déclara que « cette idée aurait solidifié le mouvement progressiste », ajoutant qu’il « aurait dû réaliser lui-même » la fusion.

 

PAT MARTIN

 

Le député néo-démocrate Pat Martin (de Winnipeg-Centre) a déjà clairement appuyé l’unification, disant en septembre 2011 que le NPD et les libéraux devraient cesser de tourner autour du pot et collaborer. « En étant divisés, nous jouons le jeu de Stephen Harper, lequel compte sur nos querelles perpétuelles. La seule chose qui pourrait l’empêcher de dormir, ce serait l’unification des forces politiques du centre-gauche, car elle pourrait mettre fin à la dynastie néo-conservatrice. »

 

MICHAEL IGNATIEFF

 

Dans son livre publié en 2013, Fire and Ashes, Success and Failure in Politics, l’ancien chef libéral Michael Ignatieff écrit : « Au cours des prochaines années, un réalignement pourrait bien offrir une alternative crédible à la longue hégémonie conservatrice, rapprochant les libéraux venant du centre avec les néo-démocrates venant de la gauche ». Aussi, en tant que député, il « était conscient, mieux que quiconque, que tant que les forces progressistes ne feront pas front commun, les conservateurs pourront rester au pouvoir très longtemps ».

 

En 2011, sur sa page Facebook, en marge des funérailles de Jack Layton, Ignatieff écrit : « Bien sûr, nous (les libéraux et les néo-démocrates) provenons de familles différentes, de traditions différentes, et oui, nous nous sommes battus pendant des années, mais assoyons-nous ensemble un peu. Tout ce que nous avons en commun saute aux yeux. Les thèmes que nous (libéraux) avons à cœur, la générosité, la justice, l’espoir, eux (néo-démocrates), les partagent également. Ces valeurs sont plus importantes que nos personnes, plus importantes que nos divisions et nos arguments. »

 

ROY ROMANOW ET ED BROADBENT

 

L’ancien premier ministre de la Saskatchewan Roy Romanow, et Ed Broadbent, ancien chef du NPD, deux illustres vétérans néo-démocrates, ont plusieurs fois révélé avoir pris part à des discussions sur l’unification avec Jean Chrétien. Voyez la prochaine section pour en savoir davantage.

 

DISCUSSIONS DE HAUT NIVEAU : LES AFFIDAVITS KINSELLA ET MRAZ

 

En juin 2010, Warren Kinsella, avocat réputé et jadis stratège du Parti libéral, a affirmé qu’il y avait eu des discussions de haut niveau entre le Parti libéral et le NPD, pour la création d’un nouveau parti et qu’il y avait un « grand intérêt pour la fusion avec le NPD ».

 

Ces discussions ont été niées par le président du Parti libéral d’alors, Alfred Apps. Suite à ces négations de monsieur Apps, Warren Kinsella et l’ancien directeur des communications du Parti libéral, John Mraz, ont tenu à rédiger leurs témoignages et à les certifier par affidavit. Dans son témoignage écrit, M. Kinsella atteste que M. Apps lui a dit qu’il y a eu « beaucoup de discussions à haut niveau … impliquant des saints du NPD (qu’il a décrit comme étant Broadbant et Romanow) ».

 

Pour sa part, dans son affidavit, John Mraz déclare que M. Apps lui a dit que « la seule conversation sensée avant les élections était de parler de fusion » et que M. Apps était « impliqué dans ces discussions, lesquelles incluaient non seulement Broadbent et Chrétien, mais aussi Romanow, (Joe) Clark et McMurtry (ancien député progressiste-conservateur de l’Ontario). »

 

JUSTIN TRUDEAU

 

En août 2011, parlant aux reporters lors d’une retraite du caucus libéral, le député libéral Justin Trudeau, maintenant chef du parti, déclara : « Je ne suis pas convaincu que la fusion est la voie à suivre – mais je suis certainement ouvert à être convaincu. Si nous sommes sérieux, pour amener ce pays sur le bon chemin, et désirons refléter les vœux de la majorité des Canadiens qui n’ont pas voté pour M. Harper, je pense que nous devons être ouverts aux différentes options. »

Devant des étudiants à Victoria, le 12 mars 2012, M. Trudeau était interrogé sur une fusion Libéral-NPD. Il a répondu : « En vue de l’élection de 2015, aucun parti n’a émergé de manière à être l’alternative évidente. Alors il y aura beaucoup de pressions pour commencer  la réflexion à ce sujet. Je ne pense pas qu’il y ait personne au Parlement, en dehors du Parti conservateur, qui aimerait risquer que Stephen Harper soit réélu premier ministre encore une fois. »

 

Plus tard, en octobre 2012, il a rejeté l’idée d’une unification ou même d’une coopération électorale.

 

DENIS CODERRE

 

Le nouveau maire de Montréal et ancien ministre libéral, Denis Coderre, a signalé son soutien à l’unification, selon un article d’août 2011. « Coderre a reconnu que l’idée d’unification a refait surface après les funérailles de Jack Layton, comme c’était arrivé avant l’élection (de 2008) alors que des vétérans du parti croyaient que la seule manière de vaincre les conservateurs de Stephen Harper était de réunir les forces. »

« Je pense que ce serait intéressant de poursuivre les efforts antérieurs de messieurs Chrétien, Broadbent et Romanow », a dit Coderre, en référence aux discussions secrètes qui ont exploré de non seulement travailler pour un possible gouvernement de coalition, mais de réellement fusionner les deux partis.

 

KEN LEWENZA

 

En août 2011, l’ancien président de l’Union des travailleurs de l’automobile du Canada (autrefois la CAW, maintenant Unifor), Ken Lewenza, a écrit au député néo-démocrate Pat Martin, avec copies aux autres députés du NPD, pour signifier son appui à l’unification.

 

« La proposition est sur la table depuis l’alliance des conservateurs, y lit-on. Prétendre le contraire serait trompeur et incroyable. Notre syndicat serait prêt à collaborer à cette idée dans l’intérêt des causes progressistes et celui de tous les Canadiens. »

 

JOE CLARK

 

Les conservateurs de Stephen Harper doivent leur succès à l’unification des partis de la droite en 2003, à savoir l’Alliance canadienne et le Parti progressiste-conservateur. Comme aujourd’hui pour une unification du centre-gauche, les sceptiques et opposants étaient nombreux, dont l’ancien premier ministre Joe Clark (qui s’était totalement trompé… ).

 

M. Clark s’était ouvertement opposé à la fusion de 2003 entre l’Alliance canadienne (anciennement le Parti réformiste) et le Parti progressiste conservateur, pour former l’actuel Parti conservateur. Dans une chronique hostile à la fusion, parue dans le Globe and Mail en novembre 2003, il avançait des arguments devenus aujourd’hui familiers et erronés. « On demande aux progressistes-conservateurs de voter OUI au suicide, écrivait Joe Clark. On prétend qu’un nouveau parti Conservateur – qui aurait honte de se qualifier de progressiste – serait en mesure de gagner plus de circonscriptions aux prochaines élections. C’est simplement faux. »

 

« En assistant au suicide du Parti PC, continuait M. Clark, (l’Alliance canadienne) va récupérer quelques votes. Mais pas tous. Au moins une personne sur quatre qui m’ont appuyé dans Calgary-Centre lors de l’élection de 2000 n’aurait rien en commun avec la Réforme / Alliance, peu importe le nom. Ils vont voter pour les libéraux ou les néo-démocrates, ou vont s’abstenir. »

 

En fait, lors de la première élection après la création du Parti conservateur, en 2004, le candidat conservateur Lee Richardson a remporté 51,1 % du vote populaire, augmentant cela à 55,4% en 2006, à 55,6% en 2008 et finalement à 57,7% en 2011.

 

Mais lors de l’élection partielle de 2012 de Calgary-Centre, la conservatrice Joan Crockatt n’a obtenu que 36,9% des votes, conservant la circonscription grâce à la division phénoménale du vote entre les partis de centre-gauche (comme dans de nombreuses autres circonscriptions en 2011), le candidat libéral obtenant 32,7%, le vert 25,7% et le néo-démocrate 3,9%, pour un total des trois de 61,2%.

 

Cela vous semble du déjà vu ? Les arguments de monsieur Clark sont les mêmes que l’on entend, encore et encore, contre l’unification du centre-gauche. Pour lire encore plus d’articles répétant ces arguments, voyez cette collection dénonçant (erronément) la fusion entre les partis PC et AC en 2003.

 

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