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Le Canada a besoin d’un parti progressiste unifié

 

Notre vision pour le gouvernement du Canada au XXIe siècle est celle de consensus et d’une coopération entre les partis politiques, celle d’une gestion publique fondée sur des preuves plutôt que sur l'idéologie, et qui place l’avancement social au-dessus de la partisannerie. Le gouvernement majoritaire conservateur actuel (qui a reçu seulement 39,6% des voix aux élections de 2011) a maintes fois démontré que ses choix sont idéologiques. Dans le développement de ses politiques et leur mise en œuvre, il a rejeté les recommandations d’experts et de scientifiques - même ceux du gouvernement.

 

Un pays ne doit pas être dirigé ainsi. Mais il y a encore pire comme politique idéologique : regardons chez nos voisins du sud. Depuis que Barack Obama occupe la Maison Blanche, en janvier 2009, les Républicains américains se sont lancés dans une campagne délibérée d'obstruction, refusant souvent même de tenir des votes sur des législations, tout simplement en raison de leur opposition idéologique aux politiques progressistes des Démocrates. Afin que leurs exigences draconiennes soient considérées, les Républicains ont tenu en otage, non seulement l'économie du pays, mais aussi les besoins des pauvres et des chômeurs. Pour eux, les batailles idéologiques passent avant le peuple américain.

 

Heureusement, le gouvernement canadien n'a pas atteint ce point. Mais ne vous méprenez pas, Stephen Harper et ses Conservateurs se rapprochent de cette indifférence du citoyen et de ce mépris des politiques fondées sur les preuves scientifiques, afin d'imposer une idéologie non soutenue par une majorité claire des Canadiens. Le Mouvement Libdemo estime que nous méritons mieux que cela, et qu’il est temps de se concerter pour le changement.

 

Les élections de 2011 : le choc

 

Les élections fédérales 2011 ont été un choc pour beaucoup de Canadiens : les Conservateurs ont remporté un gouvernement majoritaire avec seulement 39,6% du vote populaire. Le reste du vote fédéraliste a été divisé entre le NPD (30,6%), le Parti libéral (18,9%), et le Parti vert (3,9%). De leur côté, les indépendantistes du Bloc québécois ont obtenu 6,1%. Alors que les trois partis fédéralistes de l’opposition ont leurs propres histoires, leurs idéologies et leurs traditions, ils ont une chose en commun. Se situant dans le centre ou le centre-gauche de l'échiquier politique, ils ne sont pas conservateurs (avec un c minuscule). Leurs politiques, dans les domaines que les Canadiens ont le plus à cœur, se chevauchent de façon significative et s’opposent aux politiques des Conservateurs. (Voir notre document Common Ground (en anglais) pour quelques exemples de ces chevauchements.)

 

En constatant que la volonté de la majorité des Canadiens n’était pas respectée par le gouvernement Harper, de nombreux groupes de citoyens ont vu le jour, la plupart appelant à une réforme de notre système électoral actuel, le « First Past the Post» (FPTP), par lequel le candidat ayant le plus de voix dans une circonscription est élu (un seul tour), et le parti qui remporte une pluralité de sièges forme le gouvernement. Ces groupes souhaitent un système de représentation proportionnelle (RP) qui attribuerait les sièges de la Chambre des communes selon le pourcentage de chaque parti au vote populaire. Certaines propositions introduiraient une représentation mixte des élus, ou un scrutin compensatoire, ou des élections à plusieurs tours, ou d'autres systèmes similaires.

 

Le Mouvement Libdemo apprécie le travail de ces groupes de défense, car ils démontrent que les Canadiens se rendent compte que quelque chose ne va pas avec notre système électoral actuel. Certains de ces groupes proposent, pour 2015, "une coopération pour une seule élection" entre le Parti libéral, le NPD et le Parti vert, afin qu’une réforme électorale soit adoptée par le Parlement. Mais jusqu'à présent, un tel accord apparaît de plus en plus improbable.

 

Les gouvernements de coalition : une solution boiteuse

 

Bien que la RP ou d'autres réformes électorales puissent être de bonnes idées pour l'avenir, le Mouvement Libdemo est plus soucieux des élections de 2015 et de ce qui se passera après.

 

À la Chambre des communes, la représentation proportionnelle aboutirait à des gouvernements de coalition, qui peuvent être notoirement instables. Dans ce type d'arrangement, les parties pensent toujours à leurs propres intérêts, ce qui conduit naturellement à des partis «juniors», avec moins de députés, qui arrachent des concessions difficiles du parti «sénior» avec le plus d’élus, cela en échange de leur soutien au Parlement. En outre, les partis juniors doivent également plier sur certains points importants. Cela risque d’aliéner les électeurs des trois partis, dont beaucoup ont voté pour les positions politiques de leur parti. Ces citoyens sont alors choqués que leurs idées soient diluées ou mises de côté. Si, et quand, une impasse survient entre les partis, la coalition peut éclater.

 

Cela va à l'encontre de notre vision d'un gouvernement de coopération, dont les politiques sont développées suite à des consensus constructifs et à des démonstrations par des experts, pas à la suite de concessions. En outre, des situations semblables au phénomène de division du vote peuvent se produire au sein de coalitions. Le parti sénior (avec le plus de députés) d’une coalition peut perdre sa situation majoritaire, si les partis juniors lui retirent son appui. Sauf stipulation dans un accord préalable, si les partis juniors sont insatisfaits de la coalition, rien ne les empêche de rejoindre l’autre grand parti principal, ce qui provoque un renversement du gouvernement. Cette tension et des querelles en coulisses pourraient constituer un sérieux obstacle à l'élaboration de politiques efficaces.

 

Unification progressiste

 

Nous croyons que le Canada serait mieux servi par un grand parti progressiste qui serait une entité, que par plusieurs partis distincts réunis dans une coalition. Ce grand parti unifié permettrait un gouvernement fort et stable, qui serait mieux adapté au développement et aux projets audacieux, en se basant sur des preuves, tout en se concentrant avant tout sur nos problèmes les plus pressants, tels que les changements climatiques et l'environnement. Les électeurs de ce nouveau parti unifié voteraient pour une plate-forme bien définie; en sachant exactement pour quoi (et pour qui) ils votent. Ce qui n’est pas toujours le cas avec une coalition - surtout si cette coalition est formée après une élection.

 

Bien sûr, il pourrait y avoir différentes «branches» dans un tel parti, certaines penchant plus vers la gauche ou la droite, certaines privilégiant un objectif (comme l'environnement), et ainsi de suite - mais ces branches existent déjà en coulisses. Idéalement, ces mini-caucus, en parlant ouvertement de leurs préoccupations et en exposant leurs positions, pourraient influencer positivement tout le parti. Le résultat serait l'élaboration de politiques pragmatiques et efficaces que l'ensemble du parti unifié (et ses partisans) pourraient appuyer.

 

Un argument commun contre l'unification progressiste est que chaque parti a ses propres traditions, son histoire et son idéologie, et que ceux-ci sont incompatibles. Tout d'abord, cette notion implique que les intérêts partisans sont plus importants que de représenter la population canadienne. On ne doit pas oublier que seulement 1 à 2% des Canadiens sont membres d’un parti politique. Mais avant tout, ces différences ne justifient pas la division des partis politiques. Souvent, ces différences mènent à des querelles partisanes, au lieu de travailler ensemble vers de réels progrès pour le Canada et les Canadiens.

 

Dans un parti unifié, aucun parti membre fondateur ne perdrait son histoire ou des traditions. Ils écriraient plutôt une nouvelle histoire et partageraient leurs traditions. L'idéologie s’avère de plus en plus un obstacle au progrès. Elle produit souvent des politiques irrationnelles, qui nuisent à la société au lieu de la faire progresser. Pour s’en convaincre, il suffit d’observer Stephen Harper et ses Conservateurs, ou les Républicains américains.

 

Démographie : l’arrivée d’une majorité progressiste

 

Nous croyons que nous nous dirigeons, de toute façon, vers un parti progressiste unifié, même en l'absence de toute action citoyenne pour y parvenir. D’ici 2020, la génération du millénaire, âgée de 18 à 34 ans, constituera de 35% à 38% de la population ayant droit de vote. De multiples recherches ont clairement démontré que ces jeunes sont massivement progressistes par leurs opinions politiques et sociales. Et il est logique qu'un pourcentage encore plus élevé de la prochaine génération (les enfants et adolescents d'aujourd'hui) le sera aussi.

 

Au Canada, cette nouvelle majorité progressiste du XXIe siècle va inévitablement soutenir le parti le plus fermement, et de façon crédible, proche de ses valeurs communes. Faute d’unité parmi les partis, l’un d’eux finira par obtenir la majeure partie du vote progressiste, et les autres seront très probablement réduits à peu de chose, et n’auraient pas d'autre choix que de fusionner avec le meneur. Il est donc dans l'intérêt de tout le centre et le centre-gauche, d’avancer vers l'unification, afin que chaque parti puisse apporter ses propres atouts et ses meilleures idées à la formation regroupée.

 

Le Mouvement Libdemo désire informer les Canadiens ordinaires des avantages de l'unification progressiste. Il veut sensibiliser les chefs des trois partis à cette question, de même que leurs députés. Nous croyons fermement qu’un parti progressiste unifié, libéré de la division et des querelles partisanes, dédié aux intérêts du Canada et des Canadiens, est le meilleur moyen de parvenir à de réels progrès pour le XXIe siècle.

 

Mouvement Libdemo, février 2014